vendredi, mai 26, 2017 16:41

Fantasticart 2006

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Fantasticart 2006 : Bretzel et Supersitions…

Pas beaucoup roupillé la veille, plein de neige le matin, ce week-end au festival Fantasticart de Gerardmer s’annonçait d’hors et déjà épique. Les Vosges c’est beau, surtout dans un cinéma.
Je n’avais pas le but formel de faire un compte rendu du festival en écrivant tout ça, juste l’envie de raconter le week-end et de donner mes impressions sur les films vus. Ne vous attendez donc pas à tes révélations cruciales, j’avais envie de mettre plus de photos de moi mais ça allourdissait la page, hihihi ___


De l’interet de dormir, parfois.


Samedi, 6h45. Mon reveil sonne si fort qu’il me décolle du lit. J’ai très peu dormi, d’abord à cause de l’excitation, ensuite à cause de l’épisode de Lost que j’ai décidé de matter aux alentours de 2h30 du matin. Bref, ça n’est pas démoralisant pour autant ! Je déjeune, prend une douche et checke mon sac. La rumeur courre sur le fait que Quentin Tarantino pourrait être à Gerardmer cette année car il a produit un film en compétition. A là dernière minute, je mets mon dvd de Pulp Fiction dans mon sac. Avec la même conviction j’ajoute mon coffret dvd de la Trilogie Ring, puisque son réalisateur, Hideo Nakata, est président du jury cette année. L’espoir fait vivre… Claire et Hélène arrivent en voiture vers 8h, j’ajoute mon sac de couchage dans le coffre et on s’arrache.


Le voyage dure 1h30. Vers 10h on arrive à la billetterie pour prendre nos Pass Week End et on s’informe sur le programme des projos et les films en compèt. Presque par choix, je viens en touriste, en ne sachant presque rien des films qui concourrent cette année, j’ai bien lu un ou deux pitchs mais je m’en souviens à peine. J’ai seulement deux certitudes : Nouvelle Cuisine de Fruit Chan m’apparait comme étant un film à voir, et Hostel, le nouveau film de Eli Roth (Cabin Fever) est assez récurrent dans les conversations… Mais avant toute chose, Final Fantasy Advent Children passe à 11h dans un des cinoches de la ville… Pas moyen de manquer ça !


Le téléphone sonnera 3 fois.


En sortant de la billetterie/QG du festoche, je me fige. Un type avec des lunettes de soleil traverse la route, à quelques metres de moi, il les enlève et se dirige de là ou on vient. Discretement mais ne tenant plus en place, je lance aux filles “C’est Hideo Nakata le président du jury !” “C’est vrai ?” me répond Hélène. “Ouiii !”, on se retourne et on rerentre dans la Billeterie. Seulement Nakata Sensei se dirige vers l’espace VIP pour checker ses mails. Je suis terriblement excitée mais aussi pétrifiée. Je me sens mal à l’aise d’aller le déranger. Très sincèrement, Hideo Nakata est l’un des réalisateurs que j’admire le plus, et jusqu’à ce jour il me paraissait totalement impossible ne serait-ce que de le voir de loin. Encore moins de l’approcher comme ça. On se sent finalement super con dans ces cas-là. Les jambes tremblantes. On le guette quelques minutes, et finalement il commence à repartir de là d’où il vient. Quelques membres de l’orga s’approchent de lui pour une signature sur un bout de papier. A ce moment là je trouve le courage de lui tendre mon DVD avec un marqueur, et quand il me rend le tout, je suis au bord des larmes. Stupide peut-etre, mais je mettrais pas mal de temps à m’en remettre… Claire est un peu décontenancée aussi puisqu’elle nous aiguillera sur le mauvais cinéma pour FFAC. Pas grave mais premier rush en direction d’une salle pour pas louper le début :)



Monsieur Thiriet et Madame Ancel


On arrive pile à l’heure pour la séance. A l’entrée on nous donne une glace Thiriet et un paquet de Bretzels Ancel, la combinaison me fait marrer. Ces sponsors locaux ont des usines dans le coin. Avant la projection, on a droit à un épisode d‘Happy Tree Friend avec une petite morale en Français à la fin ! Ca m’éclate trop de voir ces persos se torturer sur grand écran. Mais même si j’en verrais beaucoup durant le week-end, le meilleur c’est ce qui se passe après. Je n’aurais pas vraiment pu imaginer voir Advent Children sur un grand écran, c’est pourtant chose faite. Est-il necessaire d’ajouter un truc à ça ? Je pense pas. Imaginez juste le film non seulement ailleurs que sur un écran de PC, mais en plus sur un écran de ciné d’une taille très honorable, avec la musique de Nobuo Uematsu tronant tout autour de la salle. Impressionnant. Les sous-titres “officiels” m’aident à comprendre des trucs pas captés avant, en particulier sur le fait que Vincent est le sauveur d’Elena et de Tseung. Cependant je remarque que durant la séance des gens quittent la salle. Impossible de comprendre ce film sans être totalement dedans.


Je sors de là ravie, mais avec une faim assez conséquente malgré le sachet de Bretzels. Du coup nous décidons d’aller nous restaurer à la voiture avant d’aller voir Hostel. En revenant on passe devant l’hotel du jury, qui visiblement part à une projection. On voit toutes les “stars” sortir. Comme la plupart ont des actus françaises je suis un peu paumée. On reconnait Lou Doillon, Claire Keim, Tom Novembre et Zinedine Soualem, ainsi que, bien sur, Hideo Nakata. On prend notre temps, on mange, on va même sur le lac gelé s’amuser à glisser, et finalement, grosse erreur : On arrive devant la salle une demi-heure avant la séance et on nous annonce que c’est complet depuis un quart d’heure… C’est vrai qu’on avait été un peu naïve sur ce coup-là. On checke le programme : Le prochain film s’appelle Fragile. J’ai un vague souvenir d’avoir lu le pitch mais je m’en souviens plus. Qu’importe, on est là pour voir des films. Et on sera dans la file 1h avant. On profite du rab de temps pour aller voir l’expo sur Metal Hurlant et boire un thé dans un bar sympa où des conteurs nous racontent des histoires en nous bandant les yeux. Etonnante expérience, et déjà l’heure d’aller faire la queue.


Ally Mac Beal au pays des Cauchemars


Fragile, un film du réalisateur espagnol Jaume Balaguero, raconte l’histoire d’une infirmière, Amy (excellente Calista Flockhart) qui est embauchée dans un hopital pour enfants quelques jours avant sa fermeture. L’établissement est en effet contraint de fermer en raison d’un délabrement rapide des locaux, et des évenements mystérieusement inquiétants qui visent les enfants. Mais si tous les responsables de l’hôpital semblent ignorer ce point, Amy, elle, va vite en subir elle aussi les frais…


D’emblée Fragile me rappelle des films comme 6e Sens pour la mise en scène, Gothika pour la construction du scenar (mais en 1000 fois mieux je vous rassure) et d’autres films de fantomes comme Les Autres, ou bien le manoir qui se rebelle de Hantise. Malgré tout, il m’apparait comme difficile de coller une étiquette spécifique à Fragile, qui respecte bien les ficelles du genre fantastique, fait parfois sursauter et impressionne par sa fin. Très, très bon film dont le scénario et la mise en scène est fort bien appuyé par ses acteurs. J’en ressors ravie en glissant le bulletin “Excellent” dans l’urne consacrée aux votes du prix du public.


De la Nouvelle Cuisine au Croque-Mitaine


En sortant de la salle, on se dépêche d’aller en direction du Lac, bien decidées à assister à la projection de Nouvelle Cuisine, de Fruit Chan, qui se fait en compagnie du jury. En arrivant sur place, seconde désillusion de la journée : plus d’une heure avant la projo, la file est énorme et très mal organisée. Certes les gens munis de pass Festival sont prioriaires (ils paient plus cher pour ça) et ont donc droit à une file entière pour eux. Mais à coté, dans une autre file tous les autres pass sont mélangés. Du coup, même si les pass week end arrivent en second dans la liste des priorités nous n’avons pas pu entrer et ce à quelques mètres près. Dans la file on trouve Vincent (pas celui de FFAC mais un camarade de l’IECA) et son ami Guéssel (qui n’aura pas voulu nous lacher son prénom), maquillés comme si c’était vrai. Vincent arrive à rentrer avec son pass festoche. Nous restons à 4 à nous interroger sur ce qu’on va bien pouvoir faire avant la nuit Vendredi 13 qui promet. Guessel nous propose d’aller voir Boogeyman. “Tu sais de quoi ça parle ?” “Pas du tout !” On se marre, un peu aigris, mais on y va.


Que de la gueule


Boogeyman, film hors compet (et heureusement) de Stephane T. Kay et produit par Sam Raimi, c’est l’histoire de Tim (Barry Watson, un des fistons de 7 à la maison), qui est persuadé depuis sa plus tendre enfance que son père a été bouffé par la bestiole qui se cache dans les placards et sous le lit. Seulement, personne ne le croit et même sa psy lui explique que bon, à 10 c’est normal, à 25 ans un peu moins. Quand sa mère vient à mourir, Tim décide de passer une nuit dans la maison de son enfance, et forcement, ça c’est pas necessairement le mieux à faire.


Quelques petits passages efficaces dans ce film (le coup du corbeau en particulier) mais loin d’être suffisant pour le conseiller à sa sortie. La totalité des lieux semblent avoir été repiqués à Psychose, d’Hitchcock (la vieille maison, le motel, même la salle de bain…) le scénar part dans tous les sens sans donner d’explications… Pas de quoi avoir peur du Croque-Mitaine, au final. Je remarque que c’est Lucy Lawless qui joue la mère de Tim. Copinage avec Sam Raimi, qui avait produit Xena, j’imagine. En sortant on va manger et on retourne à l’Espace Lac pour la Nuit Vendredi 13, qui commence à... 0h13.


Une nuit avec Jason


La salle est loin d’être pleine mais l’ambiance promet d’être là. Un mec habillé en Jason (le tueur des Vendredi 13, une série de films d’horreur répétitifs mais très marrant débutés dans les années 80) lance les festivités. 3 films donc. On s’étonne très vite de l’ordre dans lequel on nous les montre : Vendredi 13 – Part 5, puis Part 2, et enfin Jason X. C’est un peu nul de pas montrer le 1 et le 2, mais bon, ça ne gène en rien la compréhension tellement c’est répétitif. Avec Guessel on s’amuse à faire nos pronostics sur les survivants et celui qui se fera tuer en premier. Franche rigolade, chaque coup de couteau recueille des applaudissements. Même si ça peut paraitre un peu macabre dit comme ça, au final c’est sans doute la meilleure façon d’accueillir ces films cultes mais tellement quiche… Jason X, par contre, est une vraie merde, mais ça fait beaucoup de bien de se moquer à 4h du matin.


A 5h15, on prend la direction de notre hebergement pour le reste de la nuit, une chapelle généralement utilisée par les scouts. A 5h30, extinction des feux… Pour 3h petites heures.


Run Run Run… Ou pas.


A 10h, retour à Gerardmer ou l’on trainarde joyeusement. Guessel, Vincent et leurs frères respectifs sont avec nous et on se dirige vers la salle qui accueille les projos des courts-métrages en compet, le tout en présence du jury. Plus d’une heure avant, y a déjà foule, et on s’inquiète un peu. Mais ici les files sont bien séparées et on fini vite par entrer. Vincent, rentré avant grace à son pass Festival nous a même reservé une rangée. Cool !


Le jury Court-Metrage arrive, présidé par Sam Karman, généralement reconnu pour son rôle d’Emile, le projectionniste de la Cité de la Peur. En le voyant, des gens crient “Emiiiiile !” dans la salle. Compassion.


Moi : Ca doit être chiant à force que le public t’identifie à un rôle…


Claire : Moi si je pouvais lui parler, je lui dirais “Salut Sam, comment va ton meilleur pote Jean-Pierre Bacri ?”


Hélène : Tu lui demanderais comment va son meilleur pote sans lui demander comment il va lui ?


Moi : C’est un bon plan n’empêche… “Salut Sam, je suis super fan de ton pote Bacri, si je te donne une photo de lui tu peux m’avoir un autographe ?”


Présentation du jury sur scène. Clémence Poesy (Fleur Delacour dans le dernier Harry Potter) débarque sur scène en jupe et en Moon Boots, je trouve ça trop classe. Elle a pas l’air de s’éclater. J’imagine qu’elle revenait du ski, ou pas. Bref. Les courts projetés sont assez déroutants dans l’ensemble. Seul Le Baiser de Stéfan le Lay a droit a des applaudissement durant sa projection, à juste titre selon moi.


En sortant de la salle, on constate que la file d’attente est plutot conséquente pour aller voir Allégro qui passe tout de suite après. On a peur de s’y emmancher, au risque de rater la dernière projection de Hostel qui passe de suite après. On décide de laisser tomber et d’aller boire un café.


Hostel raconte l’histoire de deux americains et d’un hollandais qui se rendent en Europe de l’Est afin de profiter au maximum des filles du coin, qu’on leur a présenté comme étant des proies faciles. Seulement, les trois types sont loin de se douter qu’ils vont se faire prendre au piège dans un trafic qui dépasse allègrement tout ce qu’ils pouvaient imaginer…


En dévoiler d’avantage impliquerait d’enlever l’interet (pas immense en fait) de ce film, à la fois violent et terriblement gore. Le scénario, réduit à une peau de chagrin, est plus un pretexte qu’autre chose à montrer des nichons et morceaux de bidoches baignant dans des litres d’hémoglobine fraichement deversée dans les sous-sols glauques de Slovaquie. Que ce film fonctionne ou pas lors de sa sortie, il se trouvera sans doute un public d’amateurs du genre, cependant j’espère sincèrement que les âmes sensibles ne les accompagneront pas à la séance… Relativement tripant quand la viande froide laisse indifférent, mais en sortant de la salle, alors que Guessel raconte a qui veut l’entendre que ce film mérite le prix du Public, je me demande comment des fossés aussi grands peuvent se creuser entre les différents films en compétition. Bref. Il est déjà presque 19h, et alors que les garçons enchainent avec FFAC qu’ils n’ont pas vu, Claire insiste pour qu’on aille voir la file d’attente de la remise des Prix. Je la suis, pas en trainant des pieds mais presque, considérant cette action comme la façon finale de se dégouter des files d’attente.


Cependant, en arrivant devant, on est plutot étonnées : Si la file des pass Festoche est bien remplie, si celle des invités est bondée, personne dans la file des pass Week-End ! Seulement, bon, c’est la troisième file à passer, et les autres ont encore le temps de se remplir.Ou pas. Finalement, après une trentaine de minutes d’attente, dans le froid et l’espoir relatif, on nous laisse finalement entrer ! On saute de joie. Les madames Ancel nous filent des tonnes de Bretzels pour écouler leur stock, alors que nous filons comme des flèches nous dégotter des places le plus proche possible de la scène. Dans une des allées, Claire croise Bernard Werber, son Nakata à elle, et lui demande un autographe tout émue. Je suis contente pour elle.


La cérémonie débute dans les cris de joie et les applaudissements. Après les blabla des responsables du festival, les prix commencent à tomber, à commencer par le prix Court-Métrage qui revient au Baiser. Difficile d’imaginer un résultat différent en fait. Mad Movie récompense un inédit vidéo, Shutter, un film thaïlandais que je ne connais pas. Puis 13e Rue ouvre le bal en décernant son prix spécial au film espagnol Fragile, sous un tonnerre d’applaudissement. Balaguero, le réalisateur, arrive sur scène, tout content et dit quelques remerciements en français avant de repartir. On enchaine avec le prix du public, décerné une nouvelle fois à Fragile. Balaguero revient sur scène, la salle est en joie et applaudit. Il ajoute quelques mots sur la volonté de faire un film qui permette au spectateur de ressentir des sensations nouvelles… Et repart. Le prix de la critique Internationale reviens à Isolation, de Billy O’Brien, le sosie de Mickael Moore (je sais pas si c’est un compliment…). Je regrette de pas avoir vu ce film, du coup… Après un pitoyable speech à la fois long et prétentieux, le jury Jeune remet à nouveau un prix à Fragile, du coup son réalisateur revient sur scène en promettant d’apprendre le français correctement, le public français étant trop gentil et tout… Ce type a l’air franchement sympa. Puis c’est l’arrivée du Grand Jury. Hideo Nakata fait un discours sur les délibérations, parle du cinéma en général, le tout dans un anglais tip-top, se risquant même un peu de français. Puis il annonce que le prix du jury du Jury revient cette année à... Fragile, quel hasard ! Pour le coup c’est un Jaume Balaguero carrément géné qui vient chercher son prix, limite s’il ne s’excuse pas de monopoliser la scène. Vu les applaudissements et les acclamations de la salle, personne ne semble lui en vouloir. Le Grand Prix sera ensuite remis au réalisateur du film Isolation, ce qui fait qu’à eux 2, Balaguero et O’Brien ont tout raflé.



On assiste ensuite au départ du jury, qui apparait dans l’ensemble comme étant peu interessé par le film de Happy Tree Friends qui ferme le festoche. Seul Tom Novembre semble rester en place. Rien que pour ça, ce type est cool _ Nous on s’arrache au bout d’un petit quart d’heure, car il nous faut maintenant rentrer au bercail. On est fatiguées, mais totalement ravie du week-end, qui par cette cérémonie s’est octroyée une bien belle conclusion.


A l’année prochaine, Gérardmer ! (Ou pas.)